La condamnation d'Yvan Colonna

Publié le par jpep, Le Monde

Comme beaucoup d'informations cités dans ce blog, que signifiera celle-ci dans quelques années quand vous saurez les lire?
La Corse est depuis longtemps en proie à des vélléités d'indépendance, disons d'autonomie. Cela se traduit pas des violences diverses.
Qui dit violence dit provocation et vengence, rien n'est blanc, rien n'est noir.
Que la Corse veuille son aitonomie, qu'elle la prenne, les contribuables que nous sommes n'en seront pas marris. Qu'ils tuent les représentants de l'Etat n'est pas admissible.

Concernant Yvan Colonna, rien n'est moins sûr qu'il soit le coupable de cet assassinat. On est à la fois dans la vengeance ("on punit un coupable" et la veuve et le peuple sont rassurés car l'ordre règne et la justice fait son oeuvre...) et dans la provocation, celle d'un Etat qui, par sa figure suprême, Sarkozy, s'ajudge le commandement de la justice en bafouant la séparation des pouvoirs, la justice n'est pas indépendante.
Comme ce constat n'est pas nouveau, ce n'est pas faire preuve de niaiserie que de l'argumenter en cette occasion. Cela vient juste s'ajouter aux facéties d'un pouvoir personnel qui devient de plus en plus délirant au fil de son exercice, quelles que soient les disciplines : international, financier, européeen... social, si le mot a encore une signification.

L'article du Monde :
orsque, dans moins de deux mois, le 6 février 2008 marquera le dixième anniversaire de l'assassinat du préfet de Corse, la page judiciaire de l'affaire Erignac ne sera toujours pas tournée. La condamnation d'Yvan Colonna à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises spéciale de Paris, jeudi 13 décembre, sera en effet suivie d'un procès en appel, comme l'ont annoncé les avocats du berger de Cargèse.

 

Ce nouveau procès sera d'autant plus attendu que le volet judiciaire de cet assassinat a réservé de nombreux rebondissements. Le plus spectaculaire a été l'acquittement, en appel justement, de deux nationalistes corses présentés comme les instigateurs de l'assassinat et condamnés en première instance à la perpétuité. En outre, le procès qui vient de s'achever laisse en suspens de nombreuses interrogations. Le prévenu a été condamné au regard de charges très lourdes et d'indices concordants, mais, d'une certaine façon, à fronts renversés : la défense n'a pas réussi à innocenter Yvan Colonna, pas plus que l'accusation n'a été en mesure de le confondre à partir de preuves irréfutables. Le verdict lui-même entretient ce doute : en condamnant Yvan Colonna à la perpétuité sans peine de sûreté, contrairement à ce qu'avait demandé l'avocat général, c'est-à-dire à la même peine que les coauteurs de l'assassinat, les juges ont montré qu'ils n'étaient pas sûrs que le prévenu fût bien le tireur.

Ce contexte va peser sur le climat dans l'île. Un mouvement de solidarité avec Yvan Colonna s'est développé, au-delà, semble-t-il, de la seule mouvance nationaliste. Ceux qui s'y retrouvent ont sans doute la conviction d'être face à une erreur judiciaire, en partie due au contentieux permanent entre l'île et le continent.

L'assassinat du préfet, fruit d'une fuite en avant comparable à une dérive "brigadiste" à l'italienne, avait représenté un épouvantable gâchis. Au-delà du drame humain, il avait alourdi ce contentieux de façon considérable, suscité un traumatisme énorme sur le continent, mais aussi dans l'île. Et tout cela pour rien, puisque le plan fou des assassins - refonder dans le sang d'un préfet le nationalisme corse - n'a jamais fonctionné. L'ensemble de la mouvance avait d'ailleurs condamné l'acte criminel, sinon ses auteurs.

La solidarité qui va resserrer les rangs des nationalistes autour d'Yvan Colonna, dans la perspective du procès en appel, suffira-t-elle à redonner de l'espace à un mouvement en perte de vitesse depuis plusieurs années ? C'est l'une des questions désormais posées. La situation dans l'île va en tout cas être délicate à gérer pour les pouvoirs publics. Nicolas Sarkozy devra s'y prendre avec plus de doigté que lors de son précédent voyage, qui a laissé un souvenir exécrable dans l'île, et agacé jusqu'aux amis insulaires du président.


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