naissance d'un nouvel état : le Kosovo

Publié le par le monde, jpep

Le Kosovo à la recherche d'un nouveau statut
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Fondation de l'archevêché de Pec, plus de 1 500 églises et monastères orthodoxes seront construits par la suite. Les Serbes considèrent depuis la province comme le "berceau" de leur civilisation, leur foyer culturel et religieux.


1389
La célèbre bataille de Kosovo Polje a lieu. L'Empire ottoman défait le royaume de Serbie. Les Serbes considèrent cette date comme une tragédie nationale. Jusqu'au début du XXe siècle, la province du Kosovo est sous influence ottomane, avec "l'albanisation" et l'islamisation de la population.


1912
Lors des guerres balkaniques, l'armée serbe conquiert le Kosovo. La Conférence des ambassadeurs octroie à la Serbie les provinces du Kosovo et de Macédoine. Après la première guerre mondiale, le Kosovo rejoint le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. En 1919, celui-ci devient le Royaume de Yougoslavie. Le monarque serbe, Alexandre Ier, réprime la résistance des Albanais, qu'il encourage à partir, notamment en Turquie, et favorise la réinstallation de familles serbes et monténégrines.

1945
Tito instaure après la seconde guerre mondiale une Fédération démocratique de Yougoslavie, y incluant le Kosovo avec une certaine autonomie. A cette époque, 790 000 personnes vivaient au Kosovo, dont 68 % d'Albanais et 24 % de Serbes.
1980
Tito meurt le 4 mai. Son décès va libérer les revendications nationalistes au sein des différentes entités composant la Yougoslavie.


1981
L'état d'urgence est proclamé au Kosovo après des émeutes en février et mars, notamment à l'université de Pristina. Les Albanais du Kosovo réclament le statut de république fédérée.
1989
Le 8 mai, Slobodan Milosevic est élu président de la Serbie. En juin, à l'occasion du sixième centenaire de la bataille de Kosovo Polje, qui a marqué la défaite des Serbes chrétiens contre les envahisseurs turcs, il déclare que "la Serbie se trouve devant de nouvelles batailles, non pas armées, bien que celles-ci ne soient pas exclues". Cette "fête" est qualifiée par le chef de la communauté albanaise, Ibrahim Rugova, de "véritable provocation".

Février 1990
Pour mettre fin à des émeutes, l'armée yougoslave intervient au Kosovo, comme elle l'avait déjà fait en 1989.


Juillet 1990
Le 2 juillet, les 115 députés albanais de l'Assemblée provinciale du Kosovo proclament le statut de nation (nationalité pourvue d'une république) pour les Albanais. Le 11 juillet, cette déclaration est qualifiée d'"illégale"  par la présidence collégiale de la Yougoslavie.

Septembre 1990
Le 28 septembre, le Parlement serbe met fin au statut d'autonomie dont le Kosovo et la Voïvodine jouissaient depuis 1974.

1991
En juin, la Slovénie déclare son indépendance. En août, la Croatie fait de même, entraînant l'intervention de l'armée fédérale, puis la guerre. En septembre, un référendum clandestin a lieu en faveur de la proclamation d'une République du Kosovo. Le 19 octobre, le Kosovo se déclare indépendant. Le 24 décembre, une demande de reconnaissance est faite auprès de la Communauté européenne.


1992
Le 24 mai, les Albanais du Kosovo élisent Ibrahim Rugova président, défiant ainsi les autorités de Belgrade qui ne reconnaissent pas cette élection.


1995
Le 10 octobre, un cessez-le-feu intervient en Bosnie-Herzégovine. Le 1er novembre débutent les négociations de paix à Dayton, aux Etats-Unis. Le 14 décembre, l'accord de paix en Bosnie-Herzégovine est officiellement signé à Paris. Le Kosovo ne fait pas partie de cet accord.
fermer "Le Kosovo en guerre (1996-1999)"
1996
En février, première manifestation de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) qui revendique une série d'attentats à la bombe.


Février-mars 1998
Des affrontements importants ont lieu dans la région de la Drenica entre l'UCK, la police serbe et l'armée yougoslave. Des villages sont détruits, les habitants fuient. C'est le début de sept mois de conflits armés presque continus.


Mars 1998
Elections présidentielle et législatives le 22 mars chez les Albanais du Kosovo. Elles ne sont pas reconnues par Belgrade. Ibrahim Rugova est réélu président. Le 31 mars, le Conseil de sécurité de l'ONU impose un embargo total sur les ventes d'armes à la République fédérale de Yougoslavie. 

Avril 1998
Les citoyens yougoslaves, consultés par référendum, rejettent l'idée d'une médiation internationale dans la résolution de la crise au Kosovo. Les Albanais boycottent cette consultation. Les affrontements entre indépendantistes albanais et troupes yougoslaves reprennent.


Juillet-août 1998
Au printemps, l'UCK avait pris le contrôle d'un tiers du territoire. Une contre-offensive serbe se traduit, fin août, par la reprise des principaux bastions de l'UCK.

Octobre 1998
Le 13 octobre, le Conseil de l'OTAN donne "un ordre d'activation" à ses forces militaires et, menaçant de raids aériens, exige de Slobodan Milosevic l'arrêt des opérations militaires au Kosovo. Ce dernier accepte l'ultimatum. Le 26 octobre, 10 000 policiers serbes se retirent du Kosovo.

Février-mars 1999
Le "groupe de contact" (Etats-Unis, Russie, Allemagne, France, Royaume-Uni) demande, le 6 février, aux Serbes et aux Kosovars albanais d'engager des pourparlers à Rambouillet (France) sur une "autonomie substantielle" du Kosovo. Les discussions se soldent par un échec le 19 mars. L'OTAN décide, le 23 mars, de déclencher l'opération "Force alliée" contre la République fédérale de Yougoslavie. Début des bombardements aériens.

Juin 1999
Après 78 jours de bombardements par les forces de l'OTAN, le Parlement serbe approuve, le 3 juin, le plan de paix proposé par le G8 (les 8 pays les plus industrialisés du monde) qui est proche de celui que Belgrade avait refusé à Rambouillet en mars. Le 9 juin, la KFOR, force multinationale de l'OTAN, entre au Kosovo. Le 10 juin, le Conseil de sécurité de l'ONU décide du déploiement au Kosovo de présences internationales civile et de sécurité.

Juillet 1999
Le 2 juillet, le Français Bernard Kouchner est nommé représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Kosovo.

Septembre 1999
Le 21 septembre, l'Armée de libération du Kosovo (UCK) dépose les armes et se transforme en une force civile baptisée "Corps de protection du Kosovo" (TMK), dirigée par l'ancien dirigeant militaire de l'UCK, Agim Ceku.


Décembre 1999
Le 15 décembre, Bernard Kouchner et les dirigeants albanais signent un accord pour la création, à compter de fin janvier 2000, d'une "structure administrative conjointe". Celle-ci sera dirigée par un conseil de huit membres : 4 Kosovars et 4 représentants de la Minuk (Mission intérimaire des Nations unies au Kosovo).

Février 2000
 Le 1er février, Ibrahim Rugova dissout toutes les institutions de la République du Kosovo proclamée en 1991. Des affrontements éclatent à Mitrovica entre les communautés albanaise et serbe. Les troupes de la KFOR sont prises à partie par les deux groupes.

Juin 2000
Fin juin, des leaders serbes du Kosovo signent avec la Minuk un protocole d'accord portant sur des mesures de sécurité pour la minorité serbe, après la recrudescence des violences anti-serbes.

2001
Les élections législatives au Kosovo voient la victoire de la Ligue démocratique (LDK), le parti dirigé par Ibrahim Rugova.

2004
En mars, violentes émeutes antiserbes (19 morts, plusieurs centaines de blessés).  En octobre, la LDK remporte les législatives boycottées par la minorité serbe.

Novembre 2005
Adoption par le Parlement kosovar d'une résolution pour la création d'un Etat indépendant. Celle-ci est rejetée par Belgrade, qui propose de créer deux entités, une serbe et une albanaise, dans la province. Ce schéma est repoussé par Pristina et la Minuk.

Décembre 2005
L'ex-président finlandais Martti Ahtisaari est nommé envoyé spécial de l'ONU. Il débute une mission de médiation pour aboutir à un nouveau statut du Kosovo.

Janvier 2006
Ibrahim Rugova, le président kosovar, meurt le 21 janvier. Il est remplacé par Fatmir Sejdiu, l'un de ses fidèles.

Février 2006
Des négociations s'engagent, à Vienne (Autriche) le 20 février, entre des représentants de Belgrade et des Albanais du Kosovo. Elles ne déboucheront sur aucun résultat probant.

Octobre 2006
Le 29 octobre, la Serbie approuve, par référendum, une nouvelle Constitution affirmant sa souveraineté sur le Kosovo.

Janvier 2007
Martti Ahtisaari présente son plan pour le Kosovo le 26 janvier au "groupe de contact", puis, le 2 février, à Belgrade et à Pristina. Le président serbe, Boris Tadic, déclare qu'il n'acceptera pas ce plan qui "ouvre la possibilité d'un Kosovo indépendant". Le président kosovar, Fatmir Sejdiu, soutient lui une proposition qui "aboutira à un Etat indépendant du Kosovo".

Mars 2007
Martti Ahtisaari soumet ses propositions sur le statut final du Kosovo au Conseil de sécurité des Nations unies. Dans son rapport, M. Ahtisaari affirme que "l'indépendance est la seule option pour assurer la stabilité politique et la viabilité économique du Kosovo". Il prévoit d'accorder au Kosovo le statut d'Etat indépendant sous le contrôle de la communauté internationale. L'Union européenne et les Etats-Unis apportent leur soutien. La Serbie, appuyée par la Russie, s'y oppose fermement.

Novembre 2007
Hashim Thaci, ex-chef politique de la guérilla kosovare albanaise (UCK) et candidat du Parti démocratique du Kosovo (PDK) remporte les élections législatives du 17 novembre avec 34 % des voix, loin devant la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) du président défunt Ibrahim Rugova. Il annonce son intention de déclarer l'indépendance après le 10 décembre, date de remise à l'ONU d'un rapport sur le statut futur de la province.

Décembre 2007
Au terme de quatre mois de pourparlers, la "troïka" (Union européenne, Etats-Unis, Russie), remet au secrétaire général de l'ONU un rapport, qui conclut que ni les Kosovars albanais, ni la Serbie "n'ont été prêts à amender leur position". Le 13 décembre, le commissaire européen à l'élargissement Olli Rehn annonce que "la solution sur le statut final du Kosovo va être repoussée au début du printemps". Les Occidentaux ont obtenu un accord de principe d'Hashim Thaci pour que la proclamation d'indépendance n'intervienne qu'après l'élection présidentielle en Serbie, dont les deux tours doivent avoir lieu le 20 janvier et le 3 février 2008.

 

 

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